49 / Le roi Kanyok au milieu de quatre coins

Rik Ceyssens

2003 560 pages

Plus de détails

978-3-7278-1397-9

L'étude a pour objet de recomposer un modèle de société qui a prévalu en Afrique centrale subéquatoriale au seuil de l'ère coloniale. Une société où la vie publique s'organise autour de la personne royale, le Mwin Kanyok, dont nous nous efforçons de préciser les traits aussi fidèlement que possible. A nos yeux, un trait majeur de cette royauté, sinon sa raison d'être, doit être cherché dans la communication avec l'outre-tombe. En cela, le "roi des hommes et des femmes" reproduit le mwin mbal'" ou chef de famille: deux médiums-facilitateurs assurant le lien avec l'au-delà, à différentes échelles de la vie sociale. L'image du souverain et l'image du citoyen idéal ou accompli se confondent.

Au niveau du Mwin Kanyok, bien plus que dans la famille du mwin mbal', le besoin d'une doublure mythique est vivement ressenti. Essentiellement théâtre et mise en scène, l'autorité étatique est confrontée de manière insistante à l'alternance et à la succession... Les mythes fondateurs ne sont pas à même de générer directement le changement, ils interviennent surtout après "coup" et à titre de justification, afin de faire accepter et de couvrir les agissements du couple fils-mère, donc de légitimer le prince frondeur, "enfant de derrière" d'une épouse royale.

Nous avons reconstitué ces modèles à partir des rares documents écrits d'époque référant indirectement au roi Kanyok, ainsi que de témoignages oraux, de toute évidence de seconde main et recueillis dans les années 1970-1990. A partir aussi des mbak ou "appartenances" qui nous sont parvenus, témoignages matériels mais vivants malgré tout, tels que les artefacts et les "lieux de mémoire", autrement dit les espaces inculturés ou (dé-)formés par les occupants de jadis. En parallèle, nous présentons des textes anciens et d'horizons très divers, tous relatifs au profil surhumain du souverain.

 

Rik Ceyssens est licencié en Archéologie et Histoire de l'art (Arts non-européens) de l'Université libre de Bruxelles (1964); docteur en Sciences sociales (Anthropologie culturelle) de l'Université catholique de Mimègue (1984). Il a oeuvré dans l'enseignement supérieur à Kananga (R.D. du Congo: Institut supérieur pédagogique, Université nationale du Zaïre), dans le cadre de la Coopération technique belge. Principales recherches sur le terrain dans les zones administratives de Tshikapa, Lwiza et Mwene-Diitu.