281 / A Sure House

Jan Rückl

Studies on the Dynastic Promise to David in the Books of Samuel and Kings

2016 VIII-360 pages, bound

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978-3-7278-1800-4

This book is a study of the texts referring or alluding to the dynastic promise to David in the books of Samuel and Kings (and the “Law of the King” in Deut 17,14-20). Attention is paid to the textual problems of some of the studied passages, especially 2 Sam 7 which has different meanings in the most important textual witnesses (MT, LXXB, LXXL, 1 Chr 17MT, 1 Chr 17LXX). Although the most ancient retrievable text of 2 Sam 7 is not to be identified with MT, this text form corresponds to the original basic meaning of the chapter. Special attention is given to the value of 1 Chr 17 for the reconstruction of the oldest text of 2 Sam 7. There are many “synonymous” differences between 2 Sam 7 and 1 Chr 17, which cannot be explained as resulting from “mistakes” or “tendentious” (e.g. ideologically motivated) changes in one of the two traditions. A statistic study of the patterns of agreements among the witnesses leads to the conclusion that evaluating these differences “case by case” would lead to arbitrary decisions; the great majority of these differences are a result of the Chronicler’s relatively free approach to his source.

The emergence of 2 Sam 7,1-17 may be construed in two historical contexts. In the “exilic” period, the purpose of the dynastic promise being linked to the polemic against the traditional significance of the temple in royal ideology might be to preserve – or to establish – the validity of the promise after the fall of the temple. Alternatively, 2 Sam 7,1-17 might have been written at the time after Zerubbabel (at the end of the 6th / beginning of the 5th c.?), during the period when the temple of Jerusalem was restored, but the Davidides could not derive their legitimacy from it, since the cult and the temple were understood as the domain of priests under the auspices of Persian rule.

The author of 2 Sam 7,1-17 may also be thought to be responsible for 1 Sam 10,8 + 13,7b-15a and 1 Sam 25, the texts that primarily emphasize, in accordance with 2 Sam 7,14-15, the unconditional nature of the dynastic promise once it is given. In the books of Kings, 1 Kgs 2,24.33.45; 1 Kgs 11,29-38*; 15,4; 2 Kgs 8,19 could be ascribed to this hand as well. All these texts could have been written in both the Neo-Babylonian and Persian period, similarly to 2 Sam 7,1-17. However, some other references to the dynastic promise in Samuel (1 Sam 2,27-36; 2 Sam 7,18-29; 22,51; 23,1-7) cannot be dated to the Neo-Babylonian period (or even the very beginning of the Persian period). Theoretically, these texts could belong to the same redactional layer as 2 Sam 7,1-17, but only in case we adopt the later one of the two suggested dates of its origin. In contrast, if the earlier date is accepted for the first group of texts, the second group must have been added later (in one or several stages). At any rate, whereas all these texts may be regarded as a defense of actual political interests of the ex-royal family in the exilic and/or post-exilic period, this does not hold for 1 Kgs 2,4; 8,25; 9,4-5 where the power of the Davidic kings is explicitly conditional upon the eternal loyalty of David’s descendants to Yhwh. These passages cannot be ascribed to the same author(s) as the other references to the dynastic promise in Samuel–Kings; on the other hand, this redaction in Kings was perhaps not driven by actual anti-Davidic political interests, representing rather an attempt to explain the unfulfillment of the dynastic promise.

Following W. Oswald (and building on the work of S. McKenzie), we ascribe the oracles against the founders of the dynasties (or, in the case of Ahab, the dynasty’s other “prominent” member) ruling in northern Israel and the related fulfillment notices (1 Kgs 14,7-18; 15,27-30; 16,1-4.11-13; 21,20-24*; 2 Kgs 9,7-10*.25-26.36-37*; 10,1a.10-17) to the same author as 2 Sam 7,1-17 (the promise to Jehu in 2 Kgs 10,30 belongs here as well). Hence, both dynastic promises to and judgments against dynasties in Sam–Kgs depend on the piety of the dynasty’s founder. This conception of the history of the Judean and Israelite kingdoms as a history of royal dynasties, unfolding according to the evaluation of the dynasty’s founder, is largely determined by the historical situation of the Davidides after the loss (or radical downfall) of their power in the 6th and 5th c. B.C.E. The author of these texts is the (first) author of the book of Kings, and probably also the first redactor of Samuel (though the latter might have existed in some form earlier). These books were composed on the basis of older sources in the Neo-Babylonian or, perhaps more likely, Persian period.

 

Le livre étudie la promesse dynastique à David dans les livres de Samuel et Rois (ainsi que la « loi sur le roi » en Dt 17,14-20). Une grande attention est portée sur les problèmes textuels de certains des passages étudiés, notamment 2 S 7 dont le sens diffère dans les principaux témoins textuels (TM, LXXB, LXXL, 1 Chr 17TM, 1 Chr 17LXX). Même si le texte de 2 S 7 le plus ancien que l’on peut reconstruire n’est pas identique au TM, ce témoin représente bien le sens de base originel du chapitre. La question de la valeur du texte de 1 Chr 17 pour la reconstruction de celui de 2 S 7 est examinée plus spécifiquement. Il y a beaucoup de différences « synonymiques » entre 2 S 7 et 1 Chr 17 qui ne peuvent pas être dues aux « erreurs » ou au contraire aux changements « tendancieux » (motivés par ex. idéologiquement) dans l’une des deux traditions. L’étude statistique des accords entre les témoins mène à la conclusion qu’une évaluation « au cas par cas » de ces différences synonymiques déboucherait sur des décisions arbitraires, et que la grande majorité de ces différencesest en réalité due à l’approche relativement libre du Chroniste vis-à-vis de sa source.

La mise par écrit de 2 S 7,1-17 peut être envisagée dans deux contextes historiques différents. A l’époque « exilique », le but de lier la promesse dynastique à une polémique contre la signification traditionnelle du temple dans l’idéologie royale pourrait être de préserver – ou plutôt d’établir – la validité de la promesse après la chute du temple. Mais il paraît aussi plausible que 2 S 7,1-17 ait été écrit après l’activité de Zorobabel (à la fin du 6e ou au début du 5e s. ?), à une époque où le temple de Jérusalem était déjà reconstruit, mais les Davidides ne pouvaient pas en tirer de légitimation car le culte et le temple étaient considérés comme le domaine des prêtres sous l’égide du pouvoir Perse.

On peut supposer que l’auteur de 2 S 7,1-17 est aussi responsable de 1 Sam 10,8 + 13,7b-15a et 1 S 25, c’est-à-dire des textes qui, en accord avec 2 S 7,14-15, soulignent le caractère inconditionnel de la promesse une fois que celle-ci a été donnée. Dans le livre des Rois, 1 R 2,24.33.45 ; 11,29-38* ; 15,4 ; 2 R 8,19 peuvent aussi être attribués à la même rédaction. Similairement à 2 S 7,1-17, ces textes ont pu être rédigés aussi bien à l’époque néo-babylonienne qu’à l’époque perse. Néanmoins, d’autres références à la promesse dynastique en Samuel (1 S 2,27-36 ; 2 S 7,18-29 ; 22,51 ; 23,1-7) ne peuvent pas être datées à l’époque néo-babylonienne (ni même au tout début de l’époque perse). Théoriquement, ces textes pourraient appartenir à la même couche rédactionnelle que 2 S 7,1-17, à condition que l’on accepte la plus récente des deux datations envisagées pour l’oracle de Nathan. Si on retient au contraire la datation plus haute pour le premier groupe de textes, il faut alors considérer que le second groupe a été ajouté plus tard (en une ou plusieures étapes). Dans tous les cas, l’ensemble de ces textes peut être considéré comme défendant les intérêts politiques concrets de la famille anciennement royale, à l’époque exilique et/ou post-exilique. Cela ne vaut pas pour 1 R 2,4 ; 8,25 ; 9,4-5, où le pouvoir des rois davidiques est explicitement conditionné à la loyautée permanente des descendants de David envers Yhwh ; ces derniers passages ne peuvent pas être attribués au(x) même(s) auteur(s) que les autres mentions de la promesse dynastique en Samuel–Rois. Pour autant, cette rédaction en Rois n’a pas nécessairement été provoquée par des intérêts politiques anti-davidiques ; elle représente plutôt un essai d’expliquer le non-accomplissement de la promesse.

En renouant avec W. Oswald (et en se basant sur le travail de S. McKenzie), nous attribuons aussi au même auteur que 2 S 7,1-17 les oracles contre les fondateurs des dynasties (ou, dans le cas d’Akhab, un autre membre « prééminent » d’une dynastie) qui ont régné au Nord sur le Royaume d’Israël, ainsi que les notices d’accomplissement de ces oracles (1 R 14,7-18; 15,27-30; 16,1-4.11-13; 21,20-24*; 2 R 9,7-10*.25-26.36-37*; 10,1a.10-17 ; la promesse donnée à Jéhu en 2 R 10,30 appartient également à ce groupe). Les promesses dynastiques et les oracles de jugement contre les dynasties en S–R dépendent en effet tous deux de la piété du fondateur de la dynastie. Cette conception de l’histoire des royaumes de Juda et d’Israël comme une histoire des dynasties royales, se déroulant en fonction de l’évaluation du fondateur de la dynastie, est largement déterminée par la situation historique des Davidides après la perte (ou le déclin radical) de leur pouvoir au 6e et 5e s. av. n. è. L’auteur de ces textes est le premier auteur du livre des Rois, et probablement aussi le premier rédacteur de Samuel (même si ce dernier aurait pu exister dans une forme antérieure). Sur la base de sources plus anciennes, ces livres ont été composés à l’époque néo-babylonienne ou, plus probablement, à l’époque perse.

 

Jan Rückl, born in 1975 in Prague, studied theology in Prague and Lausanne. From 2007 to 2012 he worked as an assistant at the Hebrew Bible department at the University of Lausanne; since 2012 he is a researcher at the Protestant Theological Faculty of Charles University of Prague. This book is a revised version of his dissertation completed in 2012 under joint supervision at Charles University and the University of Lausanne.